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CAMINO N° 159 NOVEMBRE 2015

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« Il vaut mieux suivre le bon chemin en boitant que le mauvais, d’un pas ferme » (saint Augustin).

 

CAMINO FRANCÈS: “Rafraîchissons notre mémoire en Europe”

Le premier congrès international concernant le Camino de Santiago fut célébré à Jaca (Espagne) en septembre 1987.

Dans la reproduction de ses Actes, le Congrès aborde l’HOSPITALITÉ SUR LE CAMINO et la considère comme un aspect très différent sur lequel toute attention doit être portée, l’estimant importante et préférentielle.

Les gîtes d’étape et refuges sont définis dans leur localisation, installations minimes, entretien, conservation et financement, devant être considérés comme les éléments essentiels de la route jacquaire, prioritaires et indispensables pour la figure et la vie du Camino en soi.

Le congrès attire aussi l’attention sur la nécessité d’un ensemble d’efforts, par le biais de l’Église, des Mairies, des Associations, et aussi des particuliers, pour maintenir ces lieux d’accueil destinés uniquement aux pèlerins marchant vers Compostelle, donnant préférence à la réhabilitation d’anciens hôpitaux de pèlerins. Tel est le cas de Rabé de las Calzadas: Óspital Santa Marina Y Santiago..

 Ceux-ci devront offrir aussi le menu du pèlerin conforme à la gastronomie de la zone et raisonnable dans son tarif.

Le deuxième congrès International concernant le Camino de Santiago fut célébré à Estella (Espagne) en septembre 1990, devant une importante audience représentée par des spécialistes de la recherche, des écrivains, de nombreux pèlerins de tout âge, des historiens, et des amis de saint Jacques Apôtre et du Camino.

 

Les Actes reproduisent et confirment à nouveau l’importance de l’hospitalité en plus d’autres thèmes abordés ; car ce deuxième congrès d’Estella fut sensible à l’importance du chant des pèlerins qu’a toujours eu le pèlerinage, produisant une impulsion de forces pour revitaliser et revaloriser « les chants authentiques des pèlerins ».

Sur cela, toutes sortes de gens intimement proches du Camino, du Pèlerinage et de la mission du pèlerin, se sont mis à l’œuvre. Les hébergements sont nés sous toutes formes et dimensions. Les initiatives particulières essentiellement jacquaires sont tenues depuis par des hospitaliers altruistes et bénévoles, maintenant la base et l’âme du Camino, qui ont très vite assuré l’accueil à de nombreux pèlerins porteurs de créanciale.

Certains gîtes d’étape furent réalisés grâce à d’importants investissements financiers personnels et à une disponibilité de temps, grâce à un changement radical de vie de la part de leur promoteur, grâce à un patrimoine d’illusions, grâce à de nombreuses années de pèlerinage et de réflexions, dans le but de redonner force à une revitalisation des valeurs sociales en voie d’extinction dans cette nouvelle Europe qui croit que tout est dû, sans effort et sacrifice.

D’autres y ont répondu comme alternative à la « crise économique de 2008 » qui affecte sérieusement l’Espagne comme pays du sud de l’Europe. Par conséquent, ces dix dernières années, des profiteurs de grand chemin envahissent le Camino dotés uniquement de préparation commerciale souvent précaire, devant de nombreux marcheurs à Compostelle. La présence d’un réseau d’hôtellerie sur le Camino géré par qui recherche uniquement royalties et profits, est une forme quelque peu hostile qui déplace le rôle important des hospitaliers formés et présents sur le Camino depuis presque trois décennies.

Et ceux-là détériorent profondément l’esprit essentiel du Chemin de SaintJacques et de son hospitalité authentique qui font l’objet de cette revitalisation sur cette route d’Europe.

Ces dix dernières années, nous observons que certains guides informatifs du même style édités dans de nombreuses langues, sans aucun contrôle ni respect dans leur contenu et descriptions concernant certains lieux d’hébergement ainsi que leurs hospitaliers, profitent d’une liberté du langage sans frontière permise en plus par nos Institutions Européennes, facilitent le grand développement de gîtes touristiques et autres points de vente de sommeil sur le Camino de Santiago au détriment des accueils authentiques.

Et de cette façon, ces sources informatives complices adressées aux pèlerins s’assurent les bénéfices de la même manière.

Les hospitaliers/ières d’accueils jacquaires sans but lucratif ont été victimes de diffamations et soumis à confusions préméditées dont l’objectif est leur élimination . Mais il s’avère difficile de les éléminer dans le temps.

Aborderait-on une toute nouvelle interprétation de la moralité compétitive qui s’oppose avec force et assurance aux valeurs du pèlerinage existantes depuis des siècles et de ce fait égare le pèlerin de son objectif primordial ?

Toute action éliminatoire, toute information discriminatrice, fausse et offensive, concernant hospitaliers et points d’accueils jacquaires, tout complot portant atteinte à leur vie privée et au droit dont ils disposent sur la publication de leur image, les pénalisent implacablement tôt ou tard.

Car ces actions-là, de critiques diffamatoires et humiliantes, aussi d’absence volontaire d’accueils jacquaires existants depuis des années ne supposent aucun investissement, ni travail, ni fatigue, ni grande disponibilité en temps, vu que publier, décrire et juger de manière néfaste et fausse sur le compte d’autrui dans sa mission et son comportement ne profite qu’à celui qui provoque son élimination avec la complicité du pèlerin-client dupé et manipulé.

Cependant, tout ce déploiement de manœuvres en marge du sens réel – faire le chemin de Saint-Jacques – ne peut atteindre qu’une classe de gens comme des marcheurs en général, des touristes incapables de réaliser les étapes sans l’aide des services d’autobus, considérant que le bénéfice du pèlerinage sera inexistant pour eux.

La différence entre pèlerins et marcheurs ou tourisgrinos plus dominguinos et cyclisgrinos fait que les premiers suivent leur étoile intérieure qui les guide pour vivre réellement le pèlerinage et son hospitalité.

Quant aux seconds, ils s’assurent en priorité les étoiles touristiques qui leur proportionnent confort au tarif économique surtout en Espagne, en marge du sens profond du pèlerinage accompagné des enrichissantes rencontres grâce à l’hospitalité jacquaire encore en vie grâce à la constance de certains pèlerins devenus hospitaliers .

Et pour ces Hospitaliers réellement convaincus, grâce à Saint Jacques Bienfaiteur dans leurs efforts et leur foi.

Michelle – Pèlerine et Hospitalière Accueil Donativo